29 jul. 2012

Video Mujer oiseau let me fly




Denise Blais: concepto original, dirección,  texto e interpretación
Lorenza Di Calogero: coreografía, danza e interpretación
David Picó: codirección y espacio sonoro
Yolanda Carrascosa: video, fotografía
Silvia Ferrer: vestuario
Mei: espacio sonoro
Carlos Molina: iluminación  
Puesta en escena colectiva


Este video ha sido realizado por Isabel de Fez. Gracias Isabel!


www.mujeroiseauletmefly.blogspot.com

23 jul. 2012

Naufrage



I

Sur un radeau de fortune
Je parviens au rivage
Je ne reconnais plus rien
Ni la mer
Ni la terre

Jetée sur un radeau, jetée
Dérive jusqu’à la rive

Ne sais plus rien
Engourdie par la dérive

Ramenée à la maison

À qui est cette maison?
Mon corps n’est plus mon corps
Quel est mon nom?
Qui m’a donné ce nom?

Tout est si semblabe, si immobile
Tout est changé

M’enveloppent d’un vieux manteau
Me laissent dans une petite pièce
À qui est cette maison?



II

Laissée seule dans maison immobile
Les murs ne parlent plus
Tout se tait
Maison au souffle de cette ressuscitée

Accroupie sous un vieux manteau
Respire à peine
Attend
Un signe
Un son
Attend

Croyais qu’Il me ramenait à Lui
Toujours, toujours, me garde dans cette petite maison
Que veut-Il de moi?
Un peu de joie
Un peu de foi

Conscience d’un passé si lointain, si lointain
Tout s’est effacé

Nouvelle venue dans maison désertée
Heureusement ce manteau
Refuge des refuges
Animal blessé
N’attend plus personne



III

Une vieille grand-mère aux doigts crochus
Une vieille indienne à la peau basanée
Caresse mes cheveux lentement
Et chantonne dans une langue rêvée

Plus réelle que cette maison
Plus réconfortante que toutes les bibliothèques
Ses vieux doigts crochus peignent mes cheveux
Mes noirs cheveux naufragés

Aussi maladroitement
Aussi tendrement que ma propre grand-mère
Elle peigne mes cheveux
Comme si elle n’allait jamais s’arrêter

Elle me donne à boire
Qu’elle m’emmène dans son pays!
Que plus jamais je ne me heurte à la froide réalité des choses
Qu’elle m’emmène dans son pays!

Mon cri
L’a fait disparaître
Partie comme elle était venue



IV

Naufrage des naufrages
Sur quel bateau m’étais-je embarquée?
Perte totale de tout

Quel était le nom du capitaine?

Une fille, aux noirs cheveux
Une fille, les cheveux dégoulinants
S’accroche à une épave
Pendant des jours, des nuits, des semaines
Des années
Elle s’accroche à cette épave

Son corps épuisé n’est pas mort
Son corps épuisé n’est pas mort

Qui sont les autres naufragés?



V

Une fille là-haut lui ressemble étrangement
Ses bras sont grands ouverts
Et son visage est immobile
Aucune émotion sur ce visage

Pas un geste
Présente, seulement

Il me veut ici
Dans cette petite maison
Ne veux plus m’opposer à rien
Obéissante parce que plus de force

Miroir brisé
Survivante, toujours
Petit espoir glacé
Petit diamant d’espoir glacé roule sur le plancher
Yeux rassurés
Sourire d’âme sous le manteau
Petit diamant d’espoir glacé roule sur le plancher



Montréal, décembre 1997

2 jul. 2012

Fleurs de cendre

Je me suis réveillée avec la forte odeur de fumée qui nous vient des incendies forestiers autour de Valencia. Pendant que certains célèbrent la victoire de l’Espagne au soccer, d’autres pleurent la perte des forêts, et puis d’autres encore pleurent et se réjouissent tout à la fois.

En toile de fond, la très forte crise économique qui ne lâche pas, la victoire au football, les incendies qui font rage et se font présents par l’odeur et les fleurs de cendre qui parviennent jusqu’à nous.

En communion avec ce grand chaos, mes pleurs côtoient ma joie. Une nouvelle paix, une nouvelle confiance, s’installent en moi. Les vieilles structures sont en train de tomber. J’accueille les fleurs de cendre qui sont entrées dans mon salon juste avant mon départ pour une fin de semaine de transformation personnelle.

Plus près de la mort, plus près de la vie, dans la grande chaîne de l’humanité, élément transformateur, je suis eau et feu tout à la fois, et mes pleurs côtoient ma joie dans une nouvelle paix.


Me he despertado con un fuerte olor a humo de los incendios forestales de alrededor de Valencia. Mientras algunos celebran la victoria de España en la Eurocopa, otros lloran la pérdida de sus bosques, y además otros lloran y se alegran el corazón al mismo tiempo.


Como telón de fondo, una crisis económica muy fuerte que no cesa, la victoria al futbol del equipo nacional, los incendios causando estragos y haciéndose presentes por el olor y las flores de ceniza que llegan hasta nuestras casas.

En comunión con este gran caos, mis lágrimas son uno con mi alegría. Una nueva paz, una nueva confianza, se están acomodando en mi interior. Las viejas estructuras se están derrumbando. Recibo las flores de ceniza que han llegado hasta mi salón justo antes de mi partida hacia un fin de semana de transformación personal.

Más cerca de la muerte, más cerca de la vida, formando parte de la gran cadena humana, elemento transformador, soy agua y soy fuego a la vez, y mis lágrimas son uno con mi alegría en una nueva paz.