21 feb. 2016

Fragment

La tradition plus forte que ma volonté. Surtout ne pas transmettre la geôle à ma fille! Pourtant rien ne change! Mon âme rêve de s'envoler cependant tout est si lourd! La tradition nous écrase et il semble ne pas y avoir d'issue. Issu de gens fervents, il n'y a pas d'espoir. Le sang coule, les clans s'entretuent, le sang coule. Je me résigne, face contre terre, je prie.


Me murmure que nous ne l'aimons pas, que nous ne l'aimons pas! Pulsation. Mer Terre! Mer Terre! Mer Terre! Me recroqueville tel un fœtus. Écoute! Tout d'abord le bruit des camions et des voitures. Écoute! Celui des bicyclettes. Celui des landaus. Celui des piétons. Ah! Les piétons piétonnent! Écoute leurs pas feutrés, leur respiration silencieuse. Ils sont là avec leur petit pique-nique, leur sourire tel un chant improvisé... Avec eux l'espoir nous revient. L'espoir revient.

La tradición más fuerte que mi voluntad. ¡No quiero transmitir esa cárcel a mi hija! Sin embargo ¡nada cambia! Mi alma sueña con echarse a volar mas ¡todo es tan pesado! La tradición nos agobia y no hay salida. Nacida de gente devota, no hay esperanza. La sangre corre, los clanes se matan entre ellos, la sangre corre. Me resigno, con la cara contra la tierra, rezo.

Murmura que no la amamos ¡Que no la amamos! Latido. ¡Mar Tierra! ¡Mar Tierra! ¡Mar Tierra! Me acurruco como un feto ¡Escucha! Al principio el ruido de los camiones y de los coches ¡Escucha! El de las bicicletas. El de los carritos de bebé. El de los peatones ¡Ah, los peatones peatonan! Escucha sus pasos amortiguados, su respiración silenciosa. Están allí con su pequeño picnic, su sonrisa como un canto improvisado... Con los peatones la esperanza está de vuelta. La esperanza vuelve.

Denise Blais, 2014



La imagen es de diarioenbici.com