24 dic. 2012

28

Je me souviens que Lise Rancourt et moi avons corrigé les premiers dictionnaires visuels, success story de Québec Amérique.

Je me souviens de Jacques Fortin et de Jacques Allard bien qu'il est possible qu'eux ne se souviennent pas de moi.



Je me souviens avoir visité l'imprimerie à Beauceville il y a plus d'un quart de siècle.

21 dic. 2012

27

Je me souviens qu'il y a quatorze ans j'atterrissais à Valence, Espagne.

Je me souviens de Gaston Miron au Salon du livre de Montréal.

Je me souviens d'Amélie Nothomb traversant la foule en compagnie de ses gardes du corps.

11 dic. 2012

26

Je me souviens n'avoir jamais réussi à lire plus de deux pages des romans de Réjean Ducharme.

Je me souviens que c'est parfois difficile de se regarder dans un miroir pendant de longues minutes.

Je me souviens que la clé se trouve là quelque part, là quelque part, mais elle m'échappe, m'échappe.

9 dic. 2012

25


Je me souviens de Pierre André.

Je me souviens du relieur-doreur français qui relia mon mémoire, de l'amour et du grand soin qu'il apporta à son travail jusque dans les moindres détails. Du grand art à un prix ridicule, un beau cadeau de la vie.

Je me souviens des travaux d'artisanat de mes grands-mères.

18 nov. 2012

24

Je me souviens de ceux et de celles qui se sont suicidés parce qu'ils et elles ne trouvaient plus la force de continuer.

Je me souviens de ma rencontre avec Annie Ernaux, de son regard, de sa gentillesse.

Je me souviens du magasin général de mon père et du cabinet de médecin de Jacques Ferron.

8 nov. 2012

23

Je me souviens que Paul Chamberland m'avertit que la route serait longue.

Je me souviens que Paul Bélanger me rappela qu'il avait commencé à publier à 35 ans.

Je me souviens de Paul Dallaire, de Paul Légaré ainsi que de Paul Langlois.

2 nov. 2012

22

Je me souviens des femmes qui sont venues avant moi, des générations de femmes qui sont venues avant nous.

Je me souviens que le corps c'était péché.

Je me souviens de la religion catholique.

29 oct. 2012

21

Je me souviens que mes voisins écoutaient Elvis Presley ainsi que ce qu'on appelait du western.

Je me souviens de ma chambre d'enfant, des couleurs, du papier peint. Je me souviens que ma mère a tout fait pour qu'elle soit agréable.

Je me souviens que ma grand-mère avait tout un salon où elle entassait les cadeaux reçus.

28 oct. 2012

20

Je me souviens qu'une grande peine m'habite et je ne me souviens pas pourquoi.

Je me souviens de la grande noirceur.

Je me souviens du krach de 1929.

25 oct. 2012

19

Je me souviens de Carol-Serge Robichaud.

Je me souviens d'un matin d'hiver à Moncton au Nouveau-Brunswick, du froid, du vent glacial.

Je me souviens qu'au-delà du vent glacial, il y avait la chaleur du studio de danse. Je me souviens du studio. Du studio. Du studio.

21 oct. 2012

18

Je me souviens de mon grand-père et de ma grand-mère Vachon.

Je me souviens des tas de roches.

Je me souviens de l'amour et de la générosité.

19 oct. 2012

17

Je me souviens du feu, de la passion, du regard enflammé.

Je me souviens de ton corps au-dessus du mien.

Je me souviens de la crème glacée partagée.

18 oct. 2012

16

Je me souviens de l'animal en moi, de l'instinct, du cri.

Je me souviens de la société-machine, du biberon synthétique.

Je me souviens de l'absence.

13 oct. 2012

15

Je me souviens de Francine Vernac, de Gabriel Lalonde, de Catherine Lalonde.

Je me souviens d'une cabine téléphonique de Gaspé, d'un premier coup de fil au Loup de Gouttière.

Je me souviens de Steve Hurrell.

12 oct. 2012

14

Je me souviens des Fous de Bassan, d'Anne Hébert, du prix Anne-Hébert.

Je me souviens de Jacques Poulin, écrivain né à Saint-Gédéon.

Je ne me souviens plus de rien. Ne plus me souvenir de rien.

11 oct. 2012

13


Je me souviens de ceux et celles qui ne se souviennent pas.

Je me souviens des manuscrits refusés.

Je me souviens de l'impossibilité.

25 sept. 2012

12

Je me souviens de Sami Frey récitant Je me souviens à Québec.

Je me souviens du Festival de théâtre des Amériques.

Je me souviens d'un Strindberg en suédois et d'un Kafka venu d'Israel.

23 sept. 2012

11

Je me souviens de la tuerie du 6 décembre, de ma stupeur.

Je me souviens d'un léger tremblement de terre, rue Sherbrooke à Montréal.

Je me souviens du 2525, mon premier appartement à Montréal.

21 sept. 2012

10

Je ne me souvenais pas qu'il y avait tant de souvenirs à l'intérieur de moi, une telle quantité de souvenirs.

Je me souviens de la révélation que fut Duras.

Je me souviens des professeurs de l'Université d'Ottawa, de l'édifice du Département de théâtre qui me faisait battre le coeur autrement chaque fois que je passais devant ou que j'osais y mettre les pieds.

20 sept. 2012

9

Je me souviens que pleurer ne sert à rien et pourtant lorsque les larmes se fraient un passage, il vaut mieux les laisser couler.

Je ne me souviens pas pourquoi je pleure.

Je me souviens d'Émile Nelligan et d'Antonin Artaud.

19 sept. 2012

8

Je me souviens de Louise Dupré.

Je me souviens des corridors de l'UQAM.

Je me souviens du métro de Montréal.

11 sept. 2012

7

Je me souviens avoir essayé d'oublier.

Je me souviens avoir cru avoir réussi à oublier.

Je me souviens que les souvenirs ont toujours su me rattraper.

8 sept. 2012

6

Je me souviens que se souvenir fait mal.

Je ne me souviens pas. Arrêter le flux. Ne pas me souvenir. Ne pas me souvenir.

Je me souviens de ma famille dans notre cabane au Canada. Dans notre cabane au fond des bois. Et Québec est une ville et aussi une province, et surtout une patrie.

7 sept. 2012

5

Je me souviens du magazine l'Actualité, de l'abonnement que je m'étais offert avec mes petites économies.

Je me souviens de René Lévesque.

Je me souviens des gens, de la parole. Je me souviens des gens de parole.

5 sept. 2012

4

Je me souviens que je ne suis personne.

Je me souviens que je suis personne.

Je me souviens que je suis.

4 sept. 2012

3

Je me souviens de mon premier Salon du livre.

Je me souviens de Jean-Claude Germain.

Je me souviens d'Élise Turcotte.

3 sept. 2012

2

Je me souviens de Paul-André Fortier et de Pol Pelletier

Je me souviens de Gabriel Arcand et de son frère Denys bien sûr. Je me souviens des articles sur Gabriel Arcand. Du théâtre avec un grand T.

Je me souviens des trois frères Chateauvert.

30 ago. 2012

1

Je me souviens de Robert Lepage et de Jean-Pierre Ronfard.

Je me souviens de Gilles Maheu et de Jean-Pierre Perreault.

Je me souviens de la maison de la culture Frontenac. De Johanne et de Paul. Des collègues.

29 jul. 2012

Video Mujer oiseau let me fly




Denise Blais: concepto original, dirección,  texto e interpretación
Lorenza Di Calogero: coreografía, danza e interpretación
David Picó: codirección y espacio sonoro
Yolanda Carrascosa: video, fotografía
Silvia Ferrer: vestuario
Mei: espacio sonoro
Carlos Molina: iluminación  
Puesta en escena colectiva


Este video ha sido realizado por Isabel de Fez. Gracias Isabel!


www.mujeroiseauletmefly.blogspot.com

23 jul. 2012

Naufrage



I

Sur un radeau de fortune
Je parviens au rivage
Je ne reconnais plus rien
Ni la mer
Ni la terre

Jetée sur un radeau, jetée
Dérive jusqu’à la rive

Ne sais plus rien
Engourdie par la dérive

Ramenée à la maison

À qui est cette maison?
Mon corps n’est plus mon corps
Quel est mon nom?
Qui m’a donné ce nom?

Tout est si semblabe, si immobile
Tout est changé

M’enveloppent d’un vieux manteau
Me laissent dans une petite pièce
À qui est cette maison?



II

Laissée seule dans maison immobile
Les murs ne parlent plus
Tout se tait
Maison au souffle de cette ressuscitée

Accroupie sous un vieux manteau
Respire à peine
Attend
Un signe
Un son
Attend

Croyais qu’Il me ramenait à Lui
Toujours, toujours, me garde dans cette petite maison
Que veut-Il de moi?
Un peu de joie
Un peu de foi

Conscience d’un passé si lointain, si lointain
Tout s’est effacé

Nouvelle venue dans maison désertée
Heureusement ce manteau
Refuge des refuges
Animal blessé
N’attend plus personne



III

Une vieille grand-mère aux doigts crochus
Une vieille indienne à la peau basanée
Caresse mes cheveux lentement
Et chantonne dans une langue rêvée

Plus réelle que cette maison
Plus réconfortante que toutes les bibliothèques
Ses vieux doigts crochus peignent mes cheveux
Mes noirs cheveux naufragés

Aussi maladroitement
Aussi tendrement que ma propre grand-mère
Elle peigne mes cheveux
Comme si elle n’allait jamais s’arrêter

Elle me donne à boire
Qu’elle m’emmène dans son pays!
Que plus jamais je ne me heurte à la froide réalité des choses
Qu’elle m’emmène dans son pays!

Mon cri
L’a fait disparaître
Partie comme elle était venue



IV

Naufrage des naufrages
Sur quel bateau m’étais-je embarquée?
Perte totale de tout

Quel était le nom du capitaine?

Une fille, aux noirs cheveux
Une fille, les cheveux dégoulinants
S’accroche à une épave
Pendant des jours, des nuits, des semaines
Des années
Elle s’accroche à cette épave

Son corps épuisé n’est pas mort
Son corps épuisé n’est pas mort

Qui sont les autres naufragés?



V

Une fille là-haut lui ressemble étrangement
Ses bras sont grands ouverts
Et son visage est immobile
Aucune émotion sur ce visage

Pas un geste
Présente, seulement

Il me veut ici
Dans cette petite maison
Ne veux plus m’opposer à rien
Obéissante parce que plus de force

Miroir brisé
Survivante, toujours
Petit espoir glacé
Petit diamant d’espoir glacé roule sur le plancher
Yeux rassurés
Sourire d’âme sous le manteau
Petit diamant d’espoir glacé roule sur le plancher



Montréal, décembre 1997

2 jul. 2012

Fleurs de cendre

Je me suis réveillée avec la forte odeur de fumée qui nous vient des incendies forestiers autour de Valencia. Pendant que certains célèbrent la victoire de l’Espagne au soccer, d’autres pleurent la perte des forêts, et puis d’autres encore pleurent et se réjouissent tout à la fois.

En toile de fond, la très forte crise économique qui ne lâche pas, la victoire au football, les incendies qui font rage et se font présents par l’odeur et les fleurs de cendre qui parviennent jusqu’à nous.

En communion avec ce grand chaos, mes pleurs côtoient ma joie. Une nouvelle paix, une nouvelle confiance, s’installent en moi. Les vieilles structures sont en train de tomber. J’accueille les fleurs de cendre qui sont entrées dans mon salon juste avant mon départ pour une fin de semaine de transformation personnelle.

Plus près de la mort, plus près de la vie, dans la grande chaîne de l’humanité, élément transformateur, je suis eau et feu tout à la fois, et mes pleurs côtoient ma joie dans une nouvelle paix.


Me he despertado con un fuerte olor a humo de los incendios forestales de alrededor de Valencia. Mientras algunos celebran la victoria de España en la Eurocopa, otros lloran la pérdida de sus bosques, y además otros lloran y se alegran el corazón al mismo tiempo.


Como telón de fondo, una crisis económica muy fuerte que no cesa, la victoria al futbol del equipo nacional, los incendios causando estragos y haciéndose presentes por el olor y las flores de ceniza que llegan hasta nuestras casas.

En comunión con este gran caos, mis lágrimas son uno con mi alegría. Una nueva paz, una nueva confianza, se están acomodando en mi interior. Las viejas estructuras se están derrumbando. Recibo las flores de ceniza que han llegado hasta mi salón justo antes de mi partida hacia un fin de semana de transformación personal.

Más cerca de la muerte, más cerca de la vida, formando parte de la gran cadena humana, elemento transformador, soy agua y soy fuego a la vez, y mis lágrimas son uno con mi alegría en una nueva paz.


28 jun. 2012



Je partage l'un de mes premiers textes. J'ai osé lire ce poème en public, il y a quelques mois, au Fishing Poetry à La Ola fresca, Valencia. Il y a plus de vingt ans, ma cohabitation avec ce texte pendant plusieurs mois me permit d'apprendre ce que retravailler un texte signifiait. Bien que je ne me sois pas inspirée de façon consciente de Les mariés de la tour Eiffel de Chagall, l'esprit de cette peinture m'habitait sans que je ne sache pourquoi ni comment. Comme dans les romans que j'allais écrire par la suite, il y a dans ce texte plusieurs éléments qu'il m'est impossible d'expliquer et qui me semblent n'avoir rien à voir avec ma vie sur cette terre. Mystère de l'écriture, de l'art, de l'au-delà...

Je dédie ce poème à Noël Audet, directeur de mon mémoire, qui a su conjuguer direction et liberté.




La mer nivelle mon corps
Endormi, épuisé
Sur une plage verte
Peuplé d'eau de sel et de vent

Les oiseaux se sont enfuis
Et les marins s'en sont allés
Ailleurs

Mon corps se fait sirène et appel et folie
Cherchant à séduire celui qui occit Icare
D'un certain mal assoiffé
Le voulant à tout prix revenir encore et encore

Éternité d'une plage déserte
Bleue, jaune, sableuse et verte
Dernière citrouille de la saison
En manque d'amour de haine et de passion

Les vagues s'en sont allées coucher
Et la lune s'est mise à déferler
De sa pelure l'étrange citrouille départie
À la nuit porteuse, de tout son long s'est abandonnée

Les violons se sont tus
Et les taureaux se sont mis à danser
Dans un ciel endormi
Se sont éclatés

Noces d'invités débridés
Usurpant les cordeaux du destin
Et croyant ce bonheur ne jamais devoir s'évanouir

Mais déjà l'aube mendie son éternité
Heure de batailles perpétuelles entre fous ailés et soldats bottés
Guerre sans intérêt
Puisque tout le monde sait qui va l'emporter





                                      II


Et le soleil tristement s'habille
Pour la journée de juillet

On entend déjà la foule
Il fallait faire comme si de rien n'était
Mais on avait tous mis les atours
Oui, ceux de la foule, ceux de juillet

Ils arrivaient avec leurs bottes de plomb
Leurs airs en série
Leurs faces de circonstance
Leurs paniers tout préparés

Il fallait qu'ils disent qu'ils étaient venus
Alors ils nous arrachaient nos bracelets et nos colliers
On ne criait pas
On attendait, patiemment, le soleil couchant

Et ils repartaient
Brûlés, repus, contents
Avec leurs bottes de plomb pleines de sable
Leurs paniers pleins de nos bijoux dérobés

C'était tous les ans pareil
On le savait
Une journée seulement
On attendait patiemment, et la caravane s'en retournait

Sitôt libérés
Il fallait balayer leur passage
Reprendre possession de nos souffles et paysages
À nos violons et à nos vagues, retourner enfin



Denise Blais
Montréal, avril à octobre 1989

3 jun. 2012

Le printemps érable

En écho au printemps érable, ce texte extrait de mon roman Zizanne à Paris.


Anne marche rue Saint-Denis et aperçoit l’érablière de son enfance. Se souvient du sirop d’érable qu’on dégustait chaque printemps. La partie de sucre. La seule vraie fête que l’on se permettait. Une fois par année. Une seule fois par an. L’on pouvait laisser la joie couler dans ses veines au rythme du sirop d’érable que l’on étendait sur la neige, que l’on savourait comme un bonbon de la Vie. L’on se lançait des balles de neige et la Vie pouvait reprendre ses droits. La bataille de balles de neige ne portait plus trace de colère ni de vengeance. La bataille de balles de neige n’était qu’une saine bataille de la fratrie et faisait partie du rituel printanier.

Anne marche rue Saint-Denis, dans ses bottes achetées place d’Italie, et ne pense à rien. Regarde un oiseau s’envoler. Avait oublié qu’il y avait des oiseaux à Paris France. Si absorbée par le macadam, avait oublié. Avait oublié qu’il y avait des oiseaux amis. Des amis oiseaux.
 
 

©2010 Denise Blais

15 may. 2012

La rana rabiosa (publicado en Viaje en blanco y azul)

Dedico este cuento a Bert Hellinger, cuyo método y escritos me han aportado tanto. Gracias


Érase una vez una rana que no quería respirar porque estaba enfadada con su madre, con su padre, con la vida misma. Estaba tan enfadada que dejó de respirar, dejó de tomar la vida, y se murió. La rana no tuvo que recurrir al cáncer ni a la anorexia para justificar su muerte. Dejó de respirar y se murió sin montar ningún tipo de número alrededor de su persona.

La rana se entregó totalmente a su rabia y la rana rabiosa desapareció.






© 2009 Denise Blais






29 abr. 2012

Zizanne à Paris

Extrait de mon dernier roman

Comme si la figure d’autorité ne pouvait démontrer ses sentiments. Comme si l’on croyait en un ordre rigide et que l’amour et l’affection risquaient de venir tout bouleverser. Et qu’il fallait des zarmes pour combattre les larmes. Il fallait des zarmes pour combattre les larmes. Alors on s’armait jusqu’aux dents pour ne pas laisser couler les larmes. Ne pas laisser couler les larmes pour tant d’absurdité, tant d’ignorance, tant de peur. La peur d’une main caressant tendrement les cheveux d’un enfant.

©Denise Blais

17 mar. 2012

Mujer oiseau let me fly




Mujer oiseau let me fly
Nous reprenons Mujer oiseau let me fly les 14 et 15 avril au Carme Teatre de Valence.

Volvemos con Mujer oiseau let me fly, espectáculo de danza teatro, en el Carme Teatre de Valencia.



Este espectáculo nació de mi última novela Zizanne à Paris y de una imagen de ReconoSer, la obra que presentamos en septiembre del 2010. Vi la imagen de una mujer pájaro y me pregunté: ¿Qué ocurre con esa mujer pájaro? Así empezó esta aventura.

Concibo la obra de arte como algo que se va materializando, como un ser orgánico que crece y se desarrolla gracias a la creatividad y la entrega de cada uno de los participantes. Mi trabajo como directora consiste en enfocar el trabajo, facilitar el intercambio de información entre todos los participantes y colaboradores y procurar que la sinergia se mantenga.

En este momento de crisis que llamamos económica y que yo preferiría denominar ética, es fundamental para mí vivir esta experiencia desde la entrega y la colaboración. Cada día me asombra y me encanta constatar la fuerza tan potente de la colaboración, de la creatividad, de la entrega y del fluir con la vida. Estoy cada vez más convencida de que hay un viejo mundo que se está derrumbando. El mundo donde te doy mi poder por cuatro duros porque yo prefiero ser víctima, donde los políticos tienen la culpa de todo para que yo pueda liberarme de toda responsabilidad, donde entrego mi energía vital a cambio de cuatro duros esperando que me llegue la jubilación para gozar de la vida, ese es para mí el mundo que se está derrumbando para dar paso a un mundo donde se puede vivir desde el placer, la libertad y la alegría.

Gracias a esta obra, hemos tenido que apartar los sueños y las utopías para encontrarnos con una realidad: la gestación y la realización de un espectáculo. Ya que en la realidad, al contrario que en el sueño, siempre hay límites, creamos contando con los límites. Sin ningún tipo de ayuda económica, todo se ha creado gracias al tiempo, la experiencia y la creatividad de cada miembro del equipo.

Estoy muy agradecida a este maravilloso equipo por haber aceptado este desafío. La generosidad, la entrega y la humanidad de David Picó, Yolanda Carrascosa, Lorenza Di Calogero, Silvia Ferrer, Carlos Molina y Joan Martínez me dan fe en ese mundo nuevo que estamos creando.

Quiero dedicar este trabajo a Grigore Pogonat, mi difunto profesor de teatro, un hombre que ha sido un maestro para mí. Su gran generosidad, humildad y humanidad dejaron huellas en mi vida y es un orgullo para mí poder dedicarle esta pieza que ve la luz en España. El apoyo moral que recibí del profesor Pogonat a lo largo de mi vida, desde Canadá, ha sido fundamental para que no abandonara nunca un sueño artístico que se va haciendo realidad.

Esperamos que disfrutéis del espectáculo.

Denise Blais

6 feb. 2012

Desnudo

Comparto este video hecho en colaboración con los estudiantes de Bellas Artes de la Universidad Politécnica de Valencia, trabajo propuesto por la catedrática María Luisa Pérez.

Des groupes d'étudiants du département des Beaux-Arts de l'Université polytechnique de Valence se sont inspirés d'un passage de mon texte Viaje pour créer des vidéos. Celle-ci me semble particulièrement intéressante. Dans ce passage, je faisais référence à Émile Nelligan et je touchais aux thèmes de l'appartenance et de l'immigration. Merci à Madame María Luisa Pérez, professeure du département de Dessin, pour son invitation à cette belle aventure.